Extrait du cours par correspondance de Psychologie Équine n°4.

« … Parmi les problématiques relationnelles qu’il est complexe de comprendre, d’aborder et de traiter, voyons les schémas paradoxaux immatures.
Ils sont particulièrement délicats dans la mesure où il s’agit de faire émerger des composantes inconscientes et irrationnelles qui peuvent générer de la détresse chez le propriétaire : incompréhension, déni, colère.

A l’origine de ces schémas se trouvent d’une part des constructions affectives juvéniles, banalisées et normalisées dans la culture équestre. Et d’autre part, les limites de l’esprit critique des personnes.

Faisons une liste synthétique des anomalies les plus courantes :

– Fantasme d’enfant persistant de l’animal « meilleur ami », confident, fusionnel.
– Adoration d’une espèce ou d’un individu basée sur sa symbolique globale plutôt que sur son identité réelle.
– Désir égoïste immature de posséder l’animal, de fusionner en dépit de ses besoins naturels.
– Interactions basées sur le maternage, le jeu (cirque, tours), l’esthétisme (photographie, costumes, accessoirisation du cheval), le symbolique (exercices dits « en liberté ») particulièrement chez les femmes.
– Paradoxe maltraitance-anthropomorphisme.
D’une part, le propriétaire est très crédule vis à vis des méthodes de dressage coercitives, il se soumet plus ou moins à des actes maltraitants comme tracter, attacher, secouer, repousser, taper, coucher, isoler, priver, tant que le discours qui l’accompagne évoque le respect et le bien-être.
Incapacité à repérer l’injustice et les signaux de mal-être évidents (par exemple, des personnes qui ne connaissent pas les chevaux peuvent spontanément repérer de la tristesse ou de la colère tandis que le propriétaire y est totalement aveugle), incapacité à transposer avec pertinence l’expérience psychique ou physique de l’animal sur soi (par exemple, « et moi, qu’est-ce que je ressentirais et qu’est ce que je ferais si j’avais une corde autour du cou et que quelqu’un tirait dessus ? Et moi, quels sentiments aurais-je envers une personne qui me pousse toujours dans mes retranchements? ).
Et en parallèle, le propriétaire prête aux cheval des comportements humains irréels : « il me comprend, il sait ce que je ressens, il fait exprès de, etc. ».
– Déni et rejet en bloc des diagnostics de surinvestissement ou de transfert envers l’animal, de souffrance de l’animal ou de négligence.

Ces problématiques de blocages asymétriques, avec un surinvestissement du cheval dans certaines dimensions et des négligences importantes dans d’autres dimensions sont courantes.
Si en aucun cas on ne peut remettre en question l’amour et la bienveillance que porte le propriétaire à son cheval, il peut s’avérer important de décortiquer les paramètres de la relation et de d’accompagner le propriétaire vers une relation plus équilibrée.
Il est très frustrant pour nous de constater que certains propriétaires portent un grand crédit à des enseignants, des entraîneurs ou des méthodes peu scrupuleuses tandis qu’elles doutent voire rejettent brutalement les tentatives d’ajustements pourtant fondés sur des notions objectives, observables et indéniables. Par exemples, certains propriétaires idolâtrent leur enseignant qui les entretient dans l’illusion de la réussite, mais rejettent voire agressent un ostéopathe ou autre professionnel qui met en évidence de problèmes inquiétants.
Voici des exemples de ce qu’il est possible de proposer, en douceur, aux propriétaires chez lesquels on détecte au moins une des anomalies citées. … »

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