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Notre cerveau comme celui des chevaux passe sont temps à recueillir et stocker des informations incomplètes.
Ces apprentissages partiels et superficiels forment la majorité de nos apprentissages. Regardez autour de vous, vous ne maîtrisez pas parfaitement les objets que vous utilisez, ni les principes naturels des phénomènes les plus courants comme le jour, la nuit, les saisons… Juste ce qu’il faut pour satisfaire les besoins de cohérence de vos cerveaux à vous.
Les chevaux naviguent d’autant plus en eaux troubles, ils ne comprennent que très partiellement comment fonctionnent les choses, même s’ils maîtrisent très bien certaines compétences.
Au fil de la vie, le capital de ces apprentissages peut grossir, en fonction de ce qui l’alimente.
Mais c’est un magma vivant, qui bouge, change de taille régulièrement. Certaines choses sont oubliées très vite, d’autres, jamais. Comment faire pour inscrire des apprentissages durablement ? Certainement pas répéter à outrance, on le sait.

Au fur et à mesure qu’un cheval est exposé passivement à des évènements (intérieurs ou extérieurs), il se sensibilise. Vos premières expositions au soleil ne vous donnent pas un beau bronzage. Plus vous vous exposez, plus vous êtes sensibles aux rayons. Mais si vous vous exposez trop d’un coup, vous avez un coup de soleil, puis vous perdez bientôt les cellules trop exposées pour repartir à zéro…
Ce n’est pas aussi simple, mais on peut tout de même dire que les neurones aussi, augmentent leur sensibilité à l’exposition.
Plus un cheval est exposé à un problème, et sans qu’il ne résolve quoi que ce soit, plus il renforce des chemins neuronaux et développe ses compétences de catégorisation et discrimination.
En résumé, plus il est exposé passivement, plus son apprentissage des paramètres de la situation va s’enrichir et se renforcer. Les effets sont alors plus durables, et surtout, plus diversifiés (non conditionnés). Cela veut dire que les données sont disponibles dans tout un tas de contextes différents, et que des liens peuvent se créer, pour générer d’autres apprentissages autonomes.
N’est-ce pas comme ça que les enfants et les poulains apprennent le plus ? En étant passivement exposés ? Nos cerveaux sont en grande partie conçus pour ce fonctionnement de stockage passif.

C’est une bonne nouvelle, il y a beaucoup de choses que vous pourrez très souvent vous contenter de demander sans jamais augmenter la pression, puis passer à autre chose. La nature fera le reste…
C’est particulièrement valable pour l’équitation, qui se construit chez le cheval sur la base de réactions à des sensations.
Lorsque les sensations sont nouvelles, désagréables, surprenantes, qu’elle n’appellent encore aucune motivation, la réaction peut être alors inadaptée voire inexistante.
En accouchant une réponse aux forceps, on cristallise une réponse très pauvre.
Au fur et à mesure d’une exposition passive à ces sensations, l’apaisement et la compréhension augmentée créent une disponibilité pour des réponses adaptées et améliorables.

Allez y, demandez… avec justesse, pas trop souvent, toujours à la même intensité… Jusqu’à ce que votre proie de cheval ait déroulé ses processus essentiels d’observation, ses réflexe de liberté… Et puis ça viendra sûrement tout seul !

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